VU DANS LEXPRESS.fr du 30/01/2008

Le cinéma d’Éric libiot
Alafolix, pas du tout
Eric Libiot
‘est le premier film bling-bling de l’histoire du cinéma français. Un casting en forme de montre en or (Depardieu, Delon, Poelvoorde…), un budget qui s’affiche en argument critique - c’est cher, donc c’est bien - une campagne marketing omniprésente. Au final, une entreprise purement commerciale qui agite son argent pour cacher la vacuité du scénario, l’absence d’ambition artistique et le mépris avec lequel elle traite le spectateur, réduit à un ticket d’entrée. L’important, c’est d’aligner du chiffre. Quant au cinéma, il lui a été demandé de se faire tout petit. Il a obéi.
Scène d’ouverture d’Astérix aux Jeux olympiques: Alafolix traverse un ruisseau en marchant sur les pierres affleurant à la surface. Arrive un Romain sur son cheval au galop. Il déséquilibre Alafolix, qui tombe sur le cul, dans l’eau. Le plan se fixe, le temps de faire comprendre que c’est là le premier gag du film. Fichtre, le niveau est élevé! On va bien rigoler. On a à peine le temps de sécher ses larmes de rire devant ce trésor de drôlerie et d’invention que tout s’enchaîne sur le même ton, dans une grande débauche de rien et d’ennui, en deux heures de film et trois sourires (merci, Alexandre Astier, Elie Semoun et Zinédine Zidane).
J’entends déjà d’ici la remarque prête à l’emploi: «La presse n’aime pas les comédies populaires.» Je laisserai mes collègues se défendre eux-mêmes, pour dire que, dans ces pages, L’Express a soutenu OSS 117 avec Jean Dujardin, Prête-moi ta main, Mauvaise Foi,d’autres encore, sans oublier, bien sûr, la version d’Astérix d’Alain Chabat, définitivement médaille d’or du genre. Bizarrement, ce que je n’aime pas, ce sont les mauvais films. Moins encore ceux qui manquent de générosité.
Je ne me fais d’ailleurs pas tellement d’illusions: les spectateurs seront nombreux à aller voir «ça». Tout autant à en sortir déçus. Certains seront franchement énervés, d’autres, plus magnanimes, quelques-uns s’en satisferont sans doute. Mais je persiste et signe: Astérix aux Jeux olympiques est nul. Le cinéma s’en remettra. La culture du navet aussi.
Publié dans Lu, vu, entendu..., Revue de presse | Tags : Astérix, Chronique, Cinéma, Zidane