A quoi sert ce genre de match ? Seul Raymond Domenech pourra en tirer des conclusions en affinant sa connaissance des joueurs mis en place sur un sinistre terrain de la ville de lumière qu’est ordinairement Marbella, cité balnéaire des stars. Dans un contexte quasi amateur et face à des joueurs de la RDC logiquement motivés de se mesurer à Diarra, Cissé, Nasri ou Mexès, il n’était pas évident pour les joueurs de croire, comme le sélectionneur, que l’Euro 2008 démarrait ici. Les seuls encouragements véritables étaient ceux d’une volée de mouettes derrière la tribune défraîchie faisant face à celle d’honneur où les A, appelés à affronter l’Espagne mercredi, assistaient sans passion à cette gabegie rappelant le Slovaquie-France A’ d’août dernier. Avec un poil d’énergie en plus et un Trezeguet en moins. Si le sélectionneur peut tirer des enseignements du comportement de joueurs chloroformés et incapables de mettre en danger les Congolais en première mi-temps, le public espagnol, lui, avait raison de ne pas s’enflammer pour cette aimable partie de campagne, préférant égrainer des pipasols en sirotant un KAS Limon. Mathieu Flamini, lui, en aura vite eu assez : rapidement blessé, il n’aura eu le temps ni de décevoir, ni de convaincre. Arsène Wenger appréciera au passage la blessure de son joueur… Sorti, le Gunner a assisté du banc au non match tricolore. Nul doute qu’à la pause, Raymond Domenech aura prolongé la gueulante passée sur son capitaine Boumsong en cours de première mi-temps à l’ensemble du groupe. Le résultat : un poil plus de combativité mais toujours pas de jeu malgré les efforts notamment d’un Clichy. Après le soleil qui s’est couché, c’est la lumière qui s’en va même complètement avec une panne d’électricité qui ne dépareille pas dans cette partie. Le match va-t-il être abrégé à la 56eme minute ? Et bien non ! A Marbella, on ne veut pas laisser une si mauvaise image et on fait redémarrer les pylônes, coûte que coûte. Les 22 acteurs, après un bon quart d’heure d’attente, réapparaissent pour un échauffement. A vrai dire, on n’y voit plus très clair. Même le coq de Clément d’Antibes, le célèbre supporter, n’a pas assez de luminosité pour pousser un cocorico. Mais ça reprend. Les Bleus, eux, sont toujours sur le groupe électrogène de secours et n’avancent pas, à l’image d’un Nasri qui semble freiné par la pelouse trop haute avant d’être blessé à la cheville gauche sur un tacle adverse. Zéro, zéro : il ne fallait pas espérer mieux côté français. Derrière le but de Lloris, une publicité défraîchie vante les mérites de la marque Scandalo. Scandalo… Oui, il y avait un peu de ça.
Raymond Domenech, quels enseignements tirez-vous du match nul des A’, mardi à Marbella face à la République Démocratique du Congo ?
C’était des conditions pas faciles. J’avais dit aux joueurs que je voulais de l’envie. Il fallait s’accrocher, le terrain n’était pas très très bon. Il y a eu beaucoup de fautes, beaucoup d’engagement. Ce n’était pas évident. Certains avaient joué le dimanche. Le match avait lieu avant celui des A. Je trouve que dans ce contexte pas facile, les joueurs ont bien répondu. Il y avait de l’envie, de l’enthousiasme. Sans entraînement ensemble, ils ont réussi à tenir le match pas trop mal et même bien à certains moments.
Ces joueurs ne méritaient-ils pas un cadre un petit peu plus professionnel ?
Normalement Marbella, c’est un cadre idyllique. Mais le terrain ne l’était pas. Nous ne décidons pas de l’endroit où le match se joue, ça nous est imposé, sinon on aurait joué à Bernabeu (à Madrid).
Malgré ces conditions particulières, faut-il jouer ce type de match ?
Oui. Quand on est à trois, quatre mois de l’Euro, pour pouvoir voir beaucoup plus de joueurs et élargir le champ de possibilités, ce sont des matchs à faire. Raison de plus quand c’est dans la difficulté. Il faut puiser dans ses ressources pour s’accrocher dans ces matchs-là et montrer qu’on a vraiment envie d’aller à l’Euro.
Certains ont-ils perdu des points ce mardi ?
Même s’il y en avait, ce n’est pas aujourd’hui que je vous le dirais, car il este trois mois de préparation et de compétition. La liste ça sera au mois de mai.
Y-avait-il un message adressé à certains dans la distinction entre A et A’ ?
Non pas du tout. Il y a un équilibre. Chacun a à montrer quelque chose quelque soit le match où il évolue.
Qu’attendez-vous du match face à l’Espagne, mercredi ?
J’attends que ça soit un vrai match. Un vrai match de préparation difficile. Après ce sera l’Angleterre. Ce seront deux matchs de haut niveau. L’Euro n’est pas une partie de plaisir. C’est ce qu’on verra lors de ces deux matchs. On jouera un grand pays de football.
La blessure de Samir Nasri ? Est-ce grave ?
Non, en bout de course il s’est tordu la cheville. Il a le pied qui a tourné.
On a vu Diaby avec les A en tribune… Est-il touché ?
Il avait un petit souci au mollet, je n’ai pas voulu prendre de risque.
Publié dans Blog d'ODLB, Équipe de France | Tags : A', Équipe de France, Bleus, Domenech