Comme je vous l’avais expliqué, j’ai rencontré récemment Raymond Domenech : l’occasion de faire le point sur les Bleus à trois mois de l’Euro. Voici le début de l’entretien, la suite se trouve sur http://www.football365.fr/
« Il va falloir lutter »
EXCLUSIVITÉ 365 / RAYMOND DOMENECH :
mardi 18 mars 2008 - 11 h 15 - Olivier DE LOS BUEIS
A trois mois du début de l’Euro, Raymond Domenech a reçu Football365. En pleine réflexion sur la meilleure façon de mener les Bleus vers Vienne, le sélectionneur a fait le point sur le calendrier de cette fin de saison.
Juste avant de s’envoler pour Manchester afin d’assister à l’élimination de Lyon en Ligue des Champions, Raymond Domenech a reçu Football365.fr dans son beau bureau de la rue de Grenelle. Détendu mais visiblement fatigué, le sélectionneur a accepté de faire un large tour d’horizon de l’actualité des Bleus. Rechignant toujours à évoquer les cas individuels, le finaliste du dernier Mondial, s’il fait désormais attention à ses paroles, délivre malgré tout quelques vérités bien senties à l’encontre de ceux qui ne poussent pas, selon lui, dans le même sens que lui et en premier chef la direction de France Télévisions qui ne veut pas déplacer la finale de la Coupe de France. Premier acte d’un long entretien en trois parties.
Raymond Domenech, le jour où vous nous avez reçus, Lyon jouait un match au couteau à Manchester. Vous connaissez bien ce type de match depuis vos débuts en équipe de France…
Pour la Coupe du Monde, on a fait toutes les qualifications avec le couteau sous la gorge. On a ensuite fait tous les matchs de la Coupe du Monde avec le couteau sous la gorge, à part peut-être le premier contre la Suisse. Tous étaient éliminatoires. Nous vivons avec ça. Ensuite, on savait au bout de trois matchs et la défaite en Ecosse que toute nouvelle défaite pouvait nous tuer. Il n’y a que les grands joueurs qui savent vivre avec ça, il n’y a que les équipes qui jouent les grandes compétitions, comme les Coupes européennes et la Champion’s League, qui connaissent ça.
Aujourd’hui, il y a moins de pression qu’avant autour des Bleus : ne craignez-vous pas un embourgeoisement de vos joueurs. Votre équipe reste sur trois résultats moyens, mais tout le monde semble confiant…
Trois ?
Oui, Maroc, Ukraine et Espagne !
On a fait deux matchs nuls et perdu en Espagne. C’est bien ! Mais je ne crois pas que dans l’esprit des joueurs ce soit tout à fait ça. C’est pour ça que je voulais des matchs difficiles. Le Maroc et l’Ukraine, c’était à peu près pareil. Il y avait un match amical (contre le Maroc) avant un match qui pouvait être décisif. Personne ne s’est lâché complètement. On n’a pas pesé dans ce match-là (face au Maroc) car celui qui comptait, c’était celui d’après. La rencontre contre l’Ukraine a été plombée, elle, par la victoire de l’Italie. On l’a jouée, mais elle n’était pas décisive. Donc ces deux matchs, je les mets à part. Celui de l’Espagne rentre dans le lot. Au lieu de dire : « tout va bien, la vie et belle », comme je l’ai entendu après, ou encore qu’« on a bien joué et que c’est super », moi je dis : « ouais, on a bien joué mais on a perdu 1-0. » Quelque part, on est éliminé. Il faut se poser des questions. On a l’Angleterre qui arrive là, et je veux ce genre de match pour qu’on ait la pression, le couteau sous la gorge pour que n’arrive pas ce qui est arrivé avant le Mondial 2002, en perdant à domicile face à la Belgique. Nous on jouera contre la Colombie… Je ne veux pas qu’on dise à ce moment là qu’on est déjà champion, qu’on est super.
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Publié dans Groupe C, Équipe de France | Tags : Domenech, Euro2008, Football